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Dusko PINDZO Présentation de l'artiste |
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BIOGRAPHIE Dusko PINDZO est né à Sarajevo le 28 Juin 1946. Durant toutes ses études secondaires effectuées à Sarajevo, la peinture et le dessin sont ses préoccupations : toujours il trouve assez de temps pour dessiner et peindre le monde qui l’entoure. A cette époque-là, il n’existe pas d’école des beaux arts à Sarajevo et Dusko Pindzo entre à l’école supérieure de mécanique de l’université de Sarajevo. Il termine ses études en 1971 avec un diplôme d’ingénieur en mécanique, avec une spécialisation en moteurs et véhicules. Durant ses études, il pratique beaucoup le dessin technique, la géométrie descriptive, la perspective, mais, malgré un travail astreignant, il se ménage toujours du temps libre pour le dessin et la peinture de paysages et de natures mortes. De 1971 à 1994, il exerce son métier d’ingénieur en mécanique dans de grandes entreprises, comme constructeur de moteurs, conseiller technique dans des entreprises de transport, puis directeur de secteur pour la filiale bosniaque de TAM-IVECO. Il passe ses temps libres avec ses pinceaux, ses toiles et ses couteaux, peignant les motifs de la région. Ses tableaux sont ses cadeaux à ses proches et ses amis. En 1992, commence l’agression contre la Bosnie-Herzégovine, et son cortège de destructions barbares des villes, en particulier à Sarajevo et Mostar. A cette époque, les conditions de survie sont au dessous du minimum. Dusko PINDZO n’a qu’une envie, peindre et toujours peindre. Durant 25 mois passés dans Sarajevo assiégé, il réussit à peindre 82 tableaux (huile au couteau), dans des conditions et avec du matériel de fortune. Les sujets de ses tableaux ne sont pourtant ni les ruines, ni la tristesse, ni la guerre, mais les beautés de la nature, la lumière du soleil et les joies de la vie. En Juillet 1994, Dusko PINDZO sort de Sarajevo et vient à Lyon rejoindre son épouse et leur deux filles. Avec l’aide du peintre aquarelliste Gilles Summel dans son atelier, il continue à peindre les paysages qui l’entourent. En Décembre 1994, avec l’aide d’amis de Lyon, il expose au salon « Emergence » 6 tableaux exécutés à Sarajevo pendant la guerre. En Juin 1995, il expose de nouveau à Lyon. L’exposition, organisée par le « centre de documentation sur les migrations » à la « maison de l’échange » présente 6 tableaux faits à Lyon et 30 tableaux peints pendant la guerre à Sarajevo : des amis ont pu rapporter ces tableaux restés à Sarajevo. « Durant la destruction de la civilisation et les actes de barbarie contre les civils de Sarajevo, j’ai renforcé ma philosophie fondamentale de la vie, et je pense que je reste le même avant et après la guerre. Les maîtres mots de cette philosophie : l’amour, l’art et la nature… Aujourd’hui, je peins sans cesse, car j’ai besoin d’exprimer mes émotions sur la toile. C’est en fait grâce à la peinture que j’ai réussi à maintenir mon équilibre au sein de l’horreur. Les tableaux ont été mes plus grands amis pendant la guerre. » Lyon, Décembre 1995.
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| Dusko PINDZO, présenté par une amie: | |
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En 1992, Dule PINDZO est à Sarajevo. Il marche dans les rues, il traverse les carrefours ; il a décidé de ne pas courir, jamais. Ce jour-là, comme les autres jours, il va, marchant. Le sniper le vise, le tire, le manque. A ce moment, exactement, Dule Pindzo voit : une meule de paille en plein soleil : la couleur, la lumière, l’espace. Il rentre chez lui et, très vite, il peint « le village ». D’avril 92 à Juin 94, Dule Pindzo est seul à Sarajevo, enfermé dans la ville avec 300 000 autres citoyens. Pendant deux ans, il peint. Quatre vingt tableaux ont pu sortir tout récemment et dont quelques uns vous sont montrés aujourd’hui, pour la première fois. De cette guerre, nous avons vu le pire : les effets de la haine, si bien relayés par les médias qui n’étaient pas seulement occupés à faire de l’information. Le pire aboutissait sur nos écrans TV, dans nos confortables salons de démocrates. Laissons là. De cette guerre, voici un autre envers du décor, un autre centre du centre. Sarajevo est fermé ? Dule se souvient de la campagne, de la côte dalmate, d’une barque, d’une forêt. Sarajevo est affamé ? Dule se souvient d’un bouquet de roses, d’une poignée de fleurs abandonnées et qui se fanent. Sarajevo est bombardé ? Dule se souvient des couleurs qu’il délivre sur la toile et qui viennent inonder le regard. Sarajevo est brisée, détruite ? Dule se souvient de la ligne des arbres, des courbes des collines, à la dimension d’un pas d’homme, car toujours le regard trouve et suit, dans le paysage peint, l’itinéraire tranquille d’un promeneur anonyme. Vous, lui, moi. Voilà, du lieu même de la terreur, ce que Dule a sauvé, ce dont il témoigne avec ses tableaux ; au centre du centre, il n’y a rien d’autre que la vieet la liberté de continuer à connaître. Il se peut qu’à la finale, la dignité d’un homme tienne à cela seul : d’accepter cette connaissance afin de la porter de part en part dans l’enfer, chaque jour, à chaque pas. Accepter qu’elle prime sur la mort, et qu’il y ait à en rendre compte avec les moyens qui nous sont propres. Que cela sauve la raison d’un homme, sans aucun doute. Il se peut que, bien au delà, cela nous sauve, et pas seulement dans notre raison. Dule Pindzo m’a dit, il y a quelques mois, n’avoir jamais eu de haine pour quiconque. Alors regardez maintenant, comment tout cela se dit avec un peu de peinture. Et quelle ponctuation y mettent le rosier du cimetière ou la vitre brisée. |
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